Mémorial de l’Ile Noire

Pourtant le jour fut courageux:
avec un couteau d’or il ouvrit l’ombre
la discussion entra, elle roula
comme une roue sur la lumière restituée
jusqu’au pôle du territoire.

Et les épis ont couronné
la magnitude du soleil, son énergie:
et de nouveau le camarade a répondu
à la question du camarade.
Et ce chemin qui durement se fourvoyait
avec la vérité redevint le chemin.

(extrait du poème de Pablo Neruda « Mémorial de l’Ile noire »)

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Nouvelle année, bientôt !

La vie est trop courte pour s’y ennuyer ou se croire obliger d’obéir !…

Bonne année 2015 à tous les visiteurs de ce site !

 

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1914 – 1918 Commémoration d’un massacre !

DarkOne – compo Anaïs

 A quoi servent les guerres ?

A satisfaire des ambitions dominatrices de gens qui ne se parlent plus. Alors, face à des problèmes nationaux ou supranationaux, c’est simple, ils délèguent le sale boulot ! Ainsi, des peuples sont sacrifiés et sont massacrés pour un objectif qui n’est pas le leur.

Année 2014 : Partout c’est la commémoration de la guerre 14-18, la « Grande Guerre » comme ils disent, comme si les guerres pouvaient être grandioses….et se jurent, la main sur la couture, de ne plus recommencer….en Europe ! On a tiré les leçons du massacre de ces millions d’innocents, sans compter, ceux qui ont été fusillés pour désertion ou refus de servir ! Eh bien ! non…. 20 ans plus tard, on « remet ça » !

Et, le pli est pris : on ne dialogue plus – même avec les plus fous – les peuples, toujours, sont les otages des marchands de canon, des va-t-en guerre et de ceux qui les financent ! Des armées – publiques ou privées – prolifèrent, combattent, massacrent au nom n’importe qui et de n’importe quoi, bref, on massacre à tout va ! Et, qui se frotte les mains ? Toujours les mêmes….

Pour conclure, provisoirement, voici un extrait d’un dialogue qui a eu lieu entre Blaise Cendrars et le général de Castelnau. Ce dernier semble s’inquiéter de la santé du soldat Cendrars.

Alors, mon brave, cela ne va pas ?

Au contraire, cela va très bien, mon général.   (…)

Hm, hm…alors, c’est la soupe qui n’est pas bonne ?

J’en ai souvent mangé de la meilleure, mon général.   (…)

Tiens, tiens. Tu sais tu peux me parler franchement. Je t’ai dit que j’aimais les Parisiens. Ils ont le mot pour rire. Réponds-moi bien sincèrement : qu’est-ce qui ne va pas ?

La guerre, mon général. 

 in : « La main coupée », Ed Denoël, 2013

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Mauricio Kagel (1931-2008)

«Quand on a compris le mot composer («componere»)… on peut utiliser des matériaux sonores ou non. Vous pouvez composer avec des acteurs, des tasses, des tables, des omnibus et des hautbois; vous pouvez aussi composer des films en fin de compte.» M.K.

Avec un catalogue de près de 200 opus, riche de compositions pour orchestre, voix, piano, formations de chambre, d’œuvres scéniques, de 11 pièces radiophoniques et de 17 films, le compositeur, chef d’orchestre et réalisateur Mauricio Kagel s’est affirmé comme un des artistes capitaux du 20ème siècle.

Mauricio Raul Kagel naît le 24 décembre 1931 à Buenos Aires. À la suite de riches études musicales, il expliquera avec son ironie mordante typique, qu’il s’est formé à la composition en autodidacte, au contact de professeurs aux dons pédagogiques insuffisants.

Parallèlement, il étudiera la philosophie et la littérature auprès d’un professeur, enfin à la hauteur, puisqu’il s’agissait de Jorge Luis Borges ! Il est à la fois, animateur culturel, critique d’art, co-créateur de la Cinémathèque argentine et chef d’orchestre au Théâtre Colon. En 1957, Kagel s’exile en Allemagne où il résidera jusqu’à la fin de sa vie. Il se fait le porte-voix d’une culture, d’une conception de la musique et de la vie étrangères à celles qui sont en honneur dans l’Occident chrétien bien pensant.

Mauricio Kagel était aussi un universaliste tel qu’on en trouvait au 16ème siècle. Véritable «Tour de Babel» qui pouvait se plonger, avec un égal délice, aussi bien dans la correspondance de Brahms, que dans la vie des esquimaux ou dans l’étude de la Kabbale… sceptique par conviction — « impossible de croire si on n’est pas sceptique» — il juge l’humour plus sage que la fidélité aveugle et ne craint pas l’autodérision.

Il meurt le 18 septembre 2008, à Cologne (Allemagne).

L’œuvre, «Eine Brise», est une performance fugitive, crée par Mauricio Kagel en 1996 pour 111 cyclistes. Lors de la « Fête de la Musique », qui s’est déroulée le 21 juin dernier à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et en prélude au « Festival Kabaret Kagel », en hommage à ce dernier, près de 80 cyclistes se sont prêtés au jeu, avec humour et enthousiasme ! L’été était bien là et la fête fut belle. Un nombreux public, massé au bord du boulevard Léopold Robert, a soutenu bruyamment les « performeurs ».

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Bruits(s)…des autres !

 

Le bruit nous environne tous les jours, on y prend même plus garde ! Il dérange, mais il peut aussi être beau… Donnons-lui un sens musical et sa perception change. Le « bruit », c’est aussi celui qu’on a dans la tête. On peut l’imaginer, lui donner un sens. D’ailleurs, il y a des «BRUIT(S)» que l’on n’entend pas, ce n’est donc, finalement, pas forcément une question d’amplitude, de fréquence. De plus, chacun choisit le sien ! Une foule, affairée et pressée, qui court vers, on ne sait, quel destin; une coccinelle qui se déplace dans l’herbe, pourquoi pas ? Les bruits font partie de notre existence, la plupart du temps, malgré nous.

Des exemples de « bruits » silencieux, le plus célèbre d’entre eux : « 4’33 » de John Cage…Oeuvre déroutante s’il en est. Un musicien assis à son piano s’apprête à plaquer un accord et s’arrête durant quatre minutes, trente-deux secondes… rien ne se passe, sinon la vision immobile du pianiste. Pourtant, il subsiste un bruit, celui de la salle de concert : frottement au sol, toussotement, murmures, bruit de chaises, un bruit infernal, quoi. Des compositeurs l’intègrent dans leurs œuvres (Varèse, Xennakis, Stockhausen, Pink Floyds…),  apprennent à le « machiner »; des écrivains, des philosophes se penchent, également, sur le phénomène « bruit ». Pour résumer – et provisoirement conclure – citons Victor Hugo : « la musique c’est du bruit qui pense » !

Bruits

 

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Song for Nelson

Celui qui s’appelait Madiba – son prénom tribal – Nelson est le prénom que lui donna une institutrice anglaise lorsqu’il était enfant, est décédé le 5 décembre dernier.

Pourquoi parler de Nelson Mandela dans une rubrique consacrée à la musique électroacoustique ? C’est que la musique l’habitait depuis toujours. On disait, parfois de lui, qu’il était le Président dansant. Toute expression artistique ne peut, à mon avis, être dissociée des évènements de ce monde. Nelson Mandela ne fut pas seulement le Président dansant. Sa vie fut un long combat, infatigable, pour la liberté de son peuple, en particulier, mais aussi de tous les peuples qui composent l’Afrique du Sud. Il en paya le prix fort : d’arrestations en séjours de prison, puis l’ultime condamnation à vie de 1964 à 1982 à Robben Island et, dès cette date, près de la ville du Cap. Lors de son procès, en 1964, il rappelait aux juges : j’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain, j’ai combattu la domination blanche, j’ai combattu la domination noire (…). (in : journal Le Monde du 7.12.13).

En 1990, date de sa libération définitive, le monde vit, en mondovision, non pas un homme rabougri, usé par les nombreuses années de prison ou terriblement vieilli, mais un homme droit, beau, le poing levé savourant sa victoire et celle de tout un peuple, toutes races confondues ! En 1994, le prisonnier à la matricule No 46664, devint le premier Président noir d’Afrique du Sud. L’abolition de l’inique apartheid n’a pas, comme par miracle, résolu tous les problèmes de ce grand pays. Les défis à relever restent immenses et le chemin encore long pour que la Charte de la Liberté, publiée en 1955, devienne une réalité. Ce texte qui dit : L’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, aux Blancs comme aux Noirs, et aucun gouvernement n’est justifié à prétendre exercer l’autorité s’il ne la tient de la volonté de tous (in : Une histoire de l’ANC, Ed. L’Harmattan, 1991).

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Du son à l’oeuvre

 « NY-Central Park » (octobre 2013), enregistré par Anaïs 

L’ouvrage « Du son à l’oeuvre » a été publié, en 2002, par Bernard Fort, Directeur artistique du GMVL (Groupe Musiques Vivantes de Lyon) et Philippe Gonin, spécialiste des musiques actuelles. Ils ont tous les deux entrepris une réflexion sur  et « autour de la mystérieuse  alchimie qui caractérise la création musicale de cette seconde moitié du XXe siècle », telle est la présentation qu’ils font de leur opuscule, qui comporte de nombreux exemples sonores (un CD l’accompagne), notamment des oeuvres d’Edgar Varèse, Steve Reich, Bernard Parmegiani, etc.

Ce livre, très didactique, s’adresse aussi bien aux musiciens qu’à un plus large public s’intéressant à l’évolution de la composition de la musique aujourd’hui. Parlant de la musique électroacoustique (ou acousmatique), les auteurs disent « qu’il s’agit, avant tout d’un art des sons enregistrés, d’une musique réalisée dans un studio au moyen de microphones, synthétiseurs, échantillonneurs, ordinateurs et appareils de traitement du son. Cette musique est destinée à être entendue sur des haut-parleurs, qu’il s’agisse de situations de concerts, de spectacles ou bien du disque et de la radio ». Pour résumer, ils définissent ces deux termes – électroacoustique et acousmatique – de la façon suivante : « Acousmatique : l’écoute attentive, active. Par extension l’écoute qui s’intéresse au son; écouter sans voir. Electroacoustique : la pratique qui met au service du son des moyens électroniques ». Nombreux, sont les compositeurs, aujourd’hui, qui s’y intéressent et intègrent l’électronique dans leurs oeuvres.

Référence in : Editions Musicales Lugdivine, Lyon (2002)

 

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La musique électroacoustique….. rapide survol !

André Boucourechliev (1925-1997) constatait, au cours d’une conférence qu’il donna au Club 44  en 1967, à La Chaux-de-Fonds,  que  «… si tous les arts évoluent aujourd’hui d’une façon spectaculaire, aucun domaine créateur n’évolue aussi rapidement que celui de la musique électronique ». En effet, l’avènement du magnétophone et des instruments électriques, ouvrait là un nouveau genre musical.

 Pierre Schaeffer (1910-1995) un des fondateurs de ce courant musical, ouvrit son studio de Radio France à de nombreux musiciens pour qu’il viennent expérimenter des sons nouveaux. Schaeffer parla de « musique concrète ». Il s’agit d’enregistrements  d’objets (ou d’instruments) sur bande magnétique  pour les transformer et agencer à l’aide d’ordinateurs. Il publia un ouvrage qui fera référence : le « Traité des objets musicaux » (1966) et son complément, le « Solfège de l’objet sonore » (1967).

Plus tard, la musique concrète sera appelée  « musique électroacoustique », « paysage sonore », « musique anecdotique » Luc Ferrari (1929-2005). En résumé, c’est un mélange de « sons concrets » et de sons électroniques provenant soit de synthétiseurs ou soit de logiciels.

En quelques années, la performance des ordinateurs a connu un phénomène sans précédent, reléguant le magnétophone dans les placards de l’histoire ! Si les oeuvres musicales instrumentales restent toujours très importantes, l’intégration de la musique électronique n’est plus tabou pour de nombreux compositeurs.

Mais, il faut bien se rendre à l’évidence, nous sommes aujourd’hui, environnés de « bruits » de tous ordres, de manière obsessionnelle. Ce sont de purs produits électroniques. La techno, la « dance floor », et autres genres, font partie de cette évolution.

Au milieu de cette masse sonore, la musique électroacoustique a-t-elle encore un
avenir ? Doit-on la défendre ? La réponse est, évidemment, oui.

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